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  • La fois où j'ai perdu ma blonde dans le métro d'Istanbul

    Photo de inyoureye Jonathan Vallée
    Saguenay,  Canada
     IstanbulTurquie ) en Août 2013
    AVENTURE / publié le 2 Septembre 2013

    Tout d’abord, je tiens à préciser pour les lecteurs d’ailleurs au Québec, que le mot blonde a la même définition que le mot copine dans la langue française traditionnelle. Bon, une fois cette précision effectuée, je peux vous raconter la mésaventure que moi et ma blonde avons vécue dans le système de tram de la ville d’Istanbul en Turquie. Avant de débuter, je dois vous avouer que celle-ci est digne d’une scène d’un film hollywoodien. Voici une liste d’éléments que vous devez connaître avant de lire ce qui suivra.

    Mise en contexte (Turquie août 2013)

    ·         Pour se rendre à notre appartement, le seul chemin dont nous connaissions était celui passant par la rue principale d’Istanbul, Istiklal. Cette rue est très fréquentée par les touristes mais également l’endroit idéal pour les manifestations;

    ·         Notre appartement se situait exactement à une vingtaine de minutes de marche de la station de métro de la place Taksim;

    ·         Istanbul est l’une des plus grandes villes du monde y comptant environ 14 millions d’habitants ajouté à cela de multiple touristes venus des quatre coins du monde;

    ·         Nous étions à notre quatrième journée d’un séjour de quatre jours dans la mégapole;

    ·         Notre mésaventure est survenue à la station Eminönü sur la ligne de Tram T1 qui est la ligne de Tramway la plus achalandée de la ville;

    ·         Kabatas étant la dernière station de la ligne T1 et permettant de rejoindre la station Taksim par le biais d’un téléphérique;

    ·         J’étais le seul à posséder la clé de notre appartement;

    ·         L’appartement est situé dans une ruelle n’étant pas à la vue des passants;

    ·         Nous avions aucun moyen de communication pour se joindre;

    ·         On est à Istanbul, la barrière de la langue est une barrière majeure surtout pour quelqu’un qui ne parle pas beaucoup anglais;

    ·         Ma copine n’a pas un très bon sens de l’orientation en plus d’être blonde aux yeux bleus dans un pays dit laïque mais dont les regards se font parfois sentir.

    Maintenant que vous êtes avez pris conscience des éléments cités plus haut, je peux débuter notre histoire…

    Nous étions en compagnie de plusieurs centaines de personnes en attente du Tramway direction Kabatas à la station Eminönü à quelques pas de la nouvelle mosquée, des traversiers, du marché égyptien et du pont Galata. Vous comprenez pourquoi cette station est très convoitée. Voilà que le tramway se pointe. Comme à l’habitude, la courtoisie n’est pas au rendez-vous à Istanbul. Les gens s’entassent les uns sur les autres comme dans la jungle espérant obtenir une place à l’intérieur du tram. Je me lance aussitôt à mon tour dans le wagon pour y prendre place. Tenant ma copine par la main, celle-ci emboîte aussi le pas pour me rejoindre mais au même moment la porte du Tramway se ferme sur son avant-bras. Étant dans l’incapacité d’ouvrir la porte, celle-ci est contrainte de lâcher ma main. Nos regards se sont croisés pour un long moment au travers de la porte du tramway. Étonnamment, nous avions à ce moment un sourire en coin tous les deux trouvant en quelque sorte la situation plutôt burlesque.

    Une fois les cloches du tramway annoncées, la situation a pris une tournure dramatique. À ce moment, plusieurs questions me trottaient dans la tête à savoir « Devrais-je retourner à cette station? », « Devrais-je poursuivre mon chemin jusqu’à la station Kabatas? », dans mon cas, j’ai choisi  la deuxième option. Me voilà faisant le long chemin du tramway pour me rendre à la dernière station. Une fois arrivé, je me mets aussitôt à fixer le prochain tramway arrivant sur le rail afin de vérifier minutieusement si ma bien-aimée ne sortirait pas de la porte de celui-ci.  Je me suis vite rendu compte, que ce ne serait pas une tâche facile puisque des tas de gens sortaient un à un des multiples wagons composant le tram. Tout de même, je prends tout de même le soin d’attendre environ cinq tramways avant de décider de prendre un tram en sens inverse pour retourner à la station initiale. Environ, 20 minutes plus tard (la durée du trajet), je suis de retour à Eminönü. Malheur! Aucune petite blonde avec un sac orange n’est présente à la station. La panique s’empare aussitôt à l’intérieur de moi-même à savoir comment il me sera possible de retrouver celle-ci dans une ville de 14 millions d’habitants. Je me mets aussitôt à penser que celle-ci à pris un tramway pour se diriger à l’appartement. Me voilà de nouveau dans un tramway en direction de la station Kabatas.

    Une fois rendu au bout de la ligne T1, ma copine n’est toujours pas là. Je décide donc de me diriger dans le téléférique se dirigeant vers la station Taksim afin de rejoindre la rue Istiklal. Pensant que celle-ci en direction de notre logis, je me mets à courir sur la rue principale. C’est alors qu’après environ une course de 200 mètres, je me dresse à une manifestation. Malheur! Celle-ci bloque l’entrée dans la rue principale et un passage d’environ 2 mètres est libre pour contourner celle-ci. Des policiers armés de boucliers, armures et casques de protection entourent les manifestants qui usent d’un haut-parleur parlant pour revendiquer leur cause. Bref, je n’ai guère le choix d’aller de l’avant et de poursuivre mon chemin, alors je me lance. Finalement, la manifestation semble être sous contrôle mais je demande à ce moment si ma blonde a eu le courage de passer celle-ci afin de poursuivre son chemin vers l’appartement. Je poursuis ma course et je finis par arriver à notre crèche. En virant le coin pour rejoindre la ruelle, j’espères de tout cœur voir une petite blondinette. Déception! Deux turcs d’une cinquantaine d’années discutent dans les marches menant vers notre logis. Je commence à m’imaginer que peut-être que celle-ci est arrivée avant moi mais qu’elle ne pouvait attendre en avant de l’appartement. Bref, à ce moment-ci, ce n’était pas la joie. Je décide finalement d’entrer dans l’appartement ouvrant grandement les fenêtres surplombant la ruelle. Les minutes passent, la tension augmente. Je ne peux m’empêcher de regarder par la fenêtre pour enfin la voir arriver. De plus, toutes sortes de scénarios circulent dans ma tête. Je fini par lui écrire sur Facebook afin de lui signifier que je suis à l’appartement. Au bout de 30 minutes, je traverse de nouveau la ruelle pour rejoindre le boulevard. J’attends, j’attends et j’attends en fumant un bon gros cigare Monte Cristo. C’est alors que je vois la silhouette d’une jeune fille blonde apparaître de l’autre côté du boulevard. Je pars aussitôt en courant pour traverser les rues troublantes d’Istanbul pour rejoindre l’allée centrale. Étant trop concentrée à rejoindre l’appartement, ma blonde ne me voit même pas en passant à mes côtés. C’est alors que je crie aussitôt son nom qu’elle rejoint mes bras nous soulageant tous les deux de cette malheureuse mésaventure.

    Heureusement, ma copine s’était faite escortée par un Algérien qui venait justement d’arriver dans la mégapole. Celui-ci l’a aidé à contourner la manifestation sur Istiklal. Pour le tramway, on a malheureusement usée de malchance. Puisqu’au moment où j’ai pris le tram en sens inverse pour retourner au point initial, celle-ci a décidé d’embarquer dans un tram pour venir me rejoindre.

    Pour conclure, morale de l’histoire, avant de quitter un lieu bondé de monde, convenez avec les gens qui vous accompagnent un point de ralliement advenant le cas qu’une mésaventure du genre survienne. Heureusement, dans ce cas-ci, les choses ont bien tournées. 

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