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  • L’île occidentalisée

    Photo de Annickgodro Annick Gaudreault
    Québec,  Canada
     YasawaIles Fidji ) en Mai 2012
    MÉMOIRE DE VOYAGE / publié le 30 Mai 2013

    Une fois dans le « Fiji time », où le temps n’est pas une référence et où le stress n’est pas une option, l’adaptation est facile mais progressive. J’ai dû prendre le temps d’observer et de m’ouvrir à l’autre culture, chose que je n’avais peu ou pratiquement jamais faite. 

    J’atterris donc le premier jour après quelques jours sur l’île principale, je décidai d’en découvrir d’autres. Je partis sur l’île de Nacula au Blue Lagoon Resort situé dans les Yasawas Islands. Le complexe touristique offrait aux invités une ambiance décontractée typiquement fidjienne et familière. Début mai, seulement une dizaine de touristes se mêlait au complexe situé dans un « village » d’environ 300 habitants près du bleu azur de l’eau, de la plage de sable blanc et des cocotiers.

    Dès le premier soir, nous baignions dans les traditions fidjiennes. C’était la fête du chef du village et le départ de sa petite fille, Mary-na, pour plusieurs mois en Amérique. Un départ différent des autres. L’idée d’un voyage à l’extérieur de l’archipel n’est pas dans les coutumes. Il faut beaucoup d’argent à un Fidjien pour voyager et spécialement lorsqu’il s’agit d’une jeune femme seule.

    Les Fidjiens sont proches des traditions. «  Les villages sont présidés par un chef de village, un rôle héréditaire transmis de père en fils, ainsi que par un élu, le « Turaga ni Koro », administrateur du village. Les rôles des femmes et des hommes sont assez marqués : les femmes gardent en général la maison, préparent les repas et s’occupent des enfants, pendant que les hommes se concentrent sur l’élevage, les cultures ou la pêche. Les habitants sont majoritairement méthodistes, et attendront de vous que vous les accompagniez à l’église. » (Projects-Abroad, 2012)

    Leur culture est fascinante. Lors de cette soirée, nous étions au souper mêlés entre l’ensemble du village et les quelques touristes. Nous étions traités comme les grands du village. Cocktails, buffet et service. Pour ce qui est des femmes et des hommes normaux, ils étaient par terre et ne mangeaient pas. Ils célébraient en consommant la fameuse Kava, la boisson traditionnelle des Fidji.

    Une cérémonie à leurs couleurs où dans les villages, la consommation du kava est sacrée. Il s’agit d’être assis par terre sur un tapis de bambou et de consommer une sorte de narcotique légal. Une poudre extraite de racines du Piper methysticum[1] qu’on insère dans un filtre de nylon et qu’on mélange à l’eau. Elle est ainsi distribuée par un dignitaire à partir d’un grand bol appelé tanoa redistribué aux convives par un petit bol nommé lui bilo. Lorsqu’on reçoit le bilo, on doit claquer les mains à deux reprises et dire « Bula! »[2]

    Ces propriétés sont anesthésiantes, myorelaxantes, stimulantes et euphorisantes. Le kava est aussi un diurétique. Un effet antidépresseur a également été mis en évidence récemment et il peut être hypnotique è fortes doses (Richard, Senon, Valleur, 2004). Cependant, c’est le goût terreux qui empêche d’en boire suffisamment pour ressentir ces effets.

    Les gens de l’île Nacula étaient accueillants et nous permettaient d’assister à une soirée de grande importance. Ils ont rendu mon séjour exceptionnel. Mary-Na, elle, plus décollée des traditions, partagea son mode de vie et fût très ouverte elle-même à la culture américaine, sa famille étant propriétaire d’un complexe hôtelier.

    « Le contact des cultures est inévitablement stressant mais, à la longue, il amène un enrichissement mutuel et, paradoxalement, permet de mieux identifier, connaître et valoriser les éléments de sa propre culture. » (Susnjar, 1992)

     

    À propos des Fidji : En plein milieu de l’Océan Pacifique Sud, les îles Fidji sont constituées de plus de 300 îles dont un tiers seulement est habité. La plus grande île, Viti Levu, concentre 75% de la population sur un peu plus de 10 000km². Avec Vanua Levu, elle est aussi la plus connue de l’archipel. Riche d’un mélange d’origines entre Fidjiens, Indo-Fidjiens et Occidentaux descendants des marchands et des explorateurs, la culture des îles Fidji ne vous laissera pas indifférent. (Projects-Abroad, 2012)

     

    Bibliographie:

    Project Abroad. 2012. Missions et stages. Cultures et communauté aux îles Fidji. En ligne. http://www.projects-abroad.ca/fr/missions-et-stages/culture-et-communaute/fidji-immersion-culturelle/. Consulté le 6 février.

    Lebot Vincent, Cabalion Pierre. 1986. Les Kavas de Vanuatu : cultivars de Piper methysticum Forst. IRD Editions. 234 pages. En ligne. http://books.google.ca/books?id=8LsU4O_rdLgC&lpg=PA5&ots=cdMmqfRVDJ&dq=Le%20kava%20du%20Pacifique%20%3A%20Une%20culture%20traditionnelle%20comme%20culture%20de%20rente&hl=fr&pg=PA5#v=onepage&q&f=false. Consulté le 4 février 2013.

    Bulletin Vies-à-vies[1] « Le Piper methysticum bénéficie d’un regain de faveur. Boisson traditionnelle à la mode et matière première pharmaceutique, le kava s’intègre de plus en plus dans les circuits économiques modernes, tout en conservant sa place dans la tradition et les échanges coutumiers. […] Cette espèce représente plus que la boisson traditionnelle des peuples d’Océanie, c’est aussi une plante médicinale aux propriétés remarquables. » (Lebot et Cabalion, 1986)

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