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  • L'éléphant, l'emblème sacré de la Thaïlande?

    Photo de HRouthier Hélène Routhier
    Chicoutimi,  Canada
     Chiang MaiThaïlande  PhuketThaïlande  Phi Phi DonThaïlande ) en Décembre 2012
    MÉMOIRE DE VOYAGE / publié le 21 Mai 2013

    Après avoir passé 45 jours en Thaïlande en tant que backpacker, le dépaysement fut total et le retour assez difficile. Bangkok, Pattaya, Koh Samet, une location de voiture pour faire une boucle vers le nord : Chiang Mai, Mae Hon Son, Pai, Chiang Rai et pour terminer avec Phuket, Phi Phi, Krabi, Phang Nga et Khao Lak. Des articles ventant ce beaux pays, vous en trouverez des centaines sur Internet. Ce dont je veux parler, c'est ce qui m'empêchait de dormir la nuit.

    J'ai longuement hésité à partager cette histoire, car elle n'est pas que belle. J'ai été fortement ébranlée par la manière dont les Asiatiques traitent leurs animaux dans le but de divertir touristes naïfs.

    L'incohérence entre les centaines de personnes qui attendent que cet animal les fassent rire et la souffrance que vie ce même animal, c'est quelque chose que je ne comprendrais jamais. Dans ce monde, les singes font du tricycle, les éléphants y sont déguisés, peinturent des fleurs et jouent au soccer http://www.youtube.com/watch?v=He7Ge7Sogrk, les roublards du coin essaient de te vendre des hippocampes séchés en guise de porte-clé, des oiseaux qui ont été capturés sont vendus à l'entrée des temples pour ainsi être libérés par le premier touriste un peu croyant qui voudra faire un vœu...

    Dans ce pays où l'éléphant est supposé être un emblème sacré se cache une réalité dure pour le cœur : leur méthode de dressage. Pour monter sur le dos d'un éléphant d'Asie, il faut que celui-ci ait été dressé par la méthode du 'Phajaan' où 1 sur 3 y laisse sa vie. Une semaine de coups et de privation où l'on brise le caractère de ces bêtes. Je vous épargne les détails de ce dressage qui est d'une cruauté humaine dans les pires que j'ai vue, mais leur docilité cache une souffrance que je ne voulais pas entretenir et que je réprouve vivement. Afin de réaliser ce rêve de côtoyer ces gros pachydermes, j'ai passé des heures sur Internet afin d'y trouver un endroit éthique où les animaux y sont respectés. Je me suis arrêtée sur le 'Elephant Nature park', un centre de réhabilitation où il est plus qu'évident que la plupart ont souffert de la sauvagerie des uns et de la crédulité des autres. Juste à voir se déplacer Medo ça brise le cœur. L'histoire de Jokia est la preuve que l'humain foncièrement mauvais existe. Il n'est aucunement question que j'aille plus loin en racontant ces histoires d'horreur qui ont réussi peu à peu à s'estomper de mes souvenirs. Le passé de tous les éléphants de ce centre sont disponibles sur leur site internet. http://www.elephantnaturepark.org/herd/index.htm

    Pour arriver jusqu'à ce paradis terrestre, j'ai dû faire 1H30 de transport depuis Chiang Mai. Sur cette route, j'y ai vu mes premiers éléphants, ceux-ci transportaient des gens sur leur dos dans des nacelles. Une nacelle, c'est ce qui a tué une éléphante enceinte l'an dernier, car elle était attachée trop serré. Quand on cherche on trouve des histoires. Les seconds que j'ai vus étaient enchainés souvent sans ombre sous le soleil de midi, attendant touristes après touristes se balançant de gauche à droite réflétant le mal être et la détresse mentale ultime. En arrivant au centre, on nous montre un vidéo difficile sur la réalité de l'exploitation abusive des éléphants de la Thaïlande. Plusieurs personnes ont dû quitter la salle. Pour ma part, je m'étais imposé ces images avant mon départ du Canada et c'est ce qui fait que je ne suis pas tombée sur cet endroit 'par hasard'. Au 'Elephant Nature Park', on ne monte pas sur leur dos et ils ne font pas n'importe quelles acrobaties contre nature. Là-bas, ils ne travaillent pas de 8H00 à 17H00 et surtout n'ont plus de plaies ouvertes. Dans la nouvelle vie de Mae Jan Peng, on ne la dirige plus avec un crochet de métal par le trou qu'on lui avait fait dans l'oreille, mais on lui place une fleur tous les jours. 

    Sur ma route, j'ai croisé à plusieurs reprises des gibbons avec leur propriétaire mendiant tous les jours un énorme salaire. Ils gagnent en moyenne 6 fois plus d'argent qu'un travailleur thaïlandais honnête. Malgré que les lois l'interdisent, c'est toléré à Phi Phi. Ce n'est pas l'envie qui manque de les prendre dans nos bras, mais je savais que payer pour une photo avec un gibbon c'est cautionner la mort de sa mère et la destruction de sa famille. Ces animaux souvent nocturnes sont parfois drogués et deviendront aveugles à cause des flashs de caméra. Ils finiront, pour la plupart, dans des centres de réhabilitation. Les plus malchanceux ne pourront jamais retourner dans leur milieu naturel, car on leur a enlevé les dents pour ne pas qu'il morde. J'ai rencontré des gibbons qui ont dû être amputés d'un ou deux membres pour cause de maltraitance et un macaque souffrant de trichotillomanie, trouble mental répertorié chez les humains causé par le stress et les troubles d'adaptation. J'ai visité le 'Gibbon rehabilitation project' de Phuket http://www.gibbonproject.org . Les seuls petit êtres que nous pouvons y observer sont ceux qui viennent d'arriver ou ceux qui ne retournerons jamais dans la jungle, car ils ont trop été exploités. Plus je tentais de regarder en profondeur, plus je pouvais y voir d'autres cages avec d'autres singes. On m'explique alors que plus ils sont enfoncés dans cette forêt, moins ils ont de contact avec l'homme et plus ils se rapprochent du but ultime de cet organisme qui est de les remettre dans leur milieu naturel. Notre récompense : la connaissance de leur réalité et de les entendre chanter en groupe. http://www.youtube.com/watch?v=yGV9quWHqWo

    La fin de ce voyage s'est terminée avec 4 journées de plongée sous-marine dans les Similans où j'ai fait une des plus belle rencontre de ma vie : celle avec les majestueuses raies mantas. Un baume sur mon cœur brisé. Rien n'équivaut de voir les animaux heureux et libres dans leur milieu naturel. 

    ''On reconnait la grandeur d'une nation par la façon dont elle traite ses animaux'' -Gandhi-. Vous comprendrez qu'une partie de ce peuple m'a énormément déçue. 

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