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  • Saint-Lucie : randonnée et escalade du Gros Piton

    Photo de inyoureye Jonathan Vallée
    Saguenay,  Canada
     SoufrièreSainte-Lucie ) en Janvier 2015
    RANDONNÉE / publié le 25 Janvier 2015

    Saint-Lucie est l’une des dernières îles dans le sud des Caraïbes. Ce paradis perdu abrite deux volcans le petit et le gros Piton. Depuis 2004, cette zone fait partie du patrimoine mondial de l’humanité (UNESCO). D’ailleurs ces deux volcans inactifs depuis plusieurs années sont apparents sur le drapeau du pays de Sainte-Lucie.

    La météo et le départ

    Tout d’abord, concernant la température, oubliez ça. Il fait pratiquement tout le temps très chaud sur cette île. Alors outre le fait de ne pas s’aventurer dans cette excursion lorsque la météo est propice à des averses, la chaleur est pratiquement inévitable. Même chose pour la pluie, la météo est tellement instable que dans l’espace de quelques minutes le ciel peut passer du bleu au gris vous rendant trempe comme un navet.

    Bref de notre côté, la journée s’est déroulée comme suit. En premier temps, notre bus venait nous chercher à 6 : 20 le matin. Tôt vous dites? Certes puisque notre hôtel (Smugglers and Cove) était situé dans le nord de l’île comme la majorité des hôtels de Sainte-Luce. Le volcan étant situé à la Souffrière, nous devions parcourir 2 heures de routes sinueuses pouvant être comparées à certains endroits aux routes boliviennes (routes de la mort). Après avoir effectué deux arrêts à deux autres hôtels, nous étions en route pour notre excursion.

    Préparation de l’excursion

    Fait à noter, la vendeuse d’excursions du groupe Nexus nous avait mentionné que des vives étaient disponibles au pied du volcan. Or, à notre arrivée, seul un petit cabanon vendant des croustilles et des chocolats périmés pouvait remplir un petit peu notre estomac. Malheureusement pour nous, le buffet du Smuggler ouvrait seulement à 7 :30 le matin. Donc nous avions le ventre vide pendant la route et à notre arrivée. Prenez bien soin de faire quelques réserves de nourriture la veille de votre excursion sans quoi, il pourrait vous arriver quelque chose de semblable à nous.

    Je vous suggère fortement de vous apporter quatre bouteilles d’eau par deux personnes. Une pour la montée et une pour la descente. La chaleur est suffocante accompagné de l’effort, le résultat mène tout droit vers la déshydratation. Pour éviter les crampes, manger des bananes la veille ou autre source de potassium.

    Ah oui j’oubliais, si comme nous la fille à l’accueil vous dit que des vendeurs vendent de la nourriture au sommet du Gros Piton, c’est totalement faux. Imaginez-vous deux êtres n’ayant rien dans le ventre imaginant un restaurant au sommet? Malheureusement pour nous, nos pensées gustatives ne sont jamais concrétisées.

    Au final, un sac à dos par deux personnes, de l’eau et des barres tendres. Idéalement, un bâton pour vous aider à monter serait l’idéal en plus d’espadrille offrant une très bonne résistance au niveau des chevilles. Le plus important, chargez vos piles et n’oubliez surtout pas votre appareil photo sans quoi vous n’aurez aucune preuve pour prouver votre ascension au sommet J

    La route

    Avant cette excursion, j’étais résolu à louer une voiture afin de me rendre moi-même à la Souffrière et sauvez du même coup des frais pour l’entrée à certaines expéditions. Après 30 minutes de route, j’ai réalisé que cette option n’était plus à considérer et que mon 140$ US payé pour cette excursion était un très bon investissement. Ce n’est pas compliqué, le paysage de Sainte-Lucie est loin d’être plat, il est pratiquement tout le temps très montagneux et tout le temps très escarpé. N’ayant pas beaucoup de route effectuant le tour de l’île, le trafic est considérable. Considérant que les chauffeurs ont comme seul moyen de klaxonner avant une courbe afin de signaler leur présence, chaque détour vous fait vivre des émotions. Également, autre fait à considérer, il n’y a pas de limites de vitesse sur cette île des Caraïbes. De plus, le long des routes, il n’y a pas souvent de barrière vous séparant de l’accotement et du précipice.

    Je n’ai pas été en mesure de trouver l’information à savoir combien de gens par année meurent en côtoyant les rues de ce pays. Toutefois, un article datant de 2011 parle d’un accident ayant fait 16 victimes dans un tragique accident de la route. Bref, après avoir parlé avec notre géo, dans le passé les touristes se dirigeant vers la zone hôtelière empruntaient cette route. Toutefois, en raison de plusieurs plaintes de vertiges, mal de cœur et autres malaises, les transports empruntent maintenant une route beaucoup moins escarpée, mais beaucoup plus longue pour se rendre à zone hôtelière.

    De mon côté, j’ai le vertige pour ceux et celles qui me connaissent et à certains moments, j’ai senti mes genoux fléchir. Au final, la ballade en bus de 12 personnes dans ses routes sinueuses et abruptes autant soient-elles, m’a fait vivre une expérience riche en émotions. Les paysages montagneux sont écoeurants. Sans compter la jungle qui tente de reprendre sa place sur la route entre Gros Islet (près de la zone hôtelière) et Soufrière (demeure des 2 pitons). Richard, notre guide, nous a arrêtés à maintes reprises le long des routes afin de prendre des photos incroyables du paysage. Que wow wow et wow!

       

    Les maisons

    Je me réserve un petit paragraphe pour parler des maisons ornant les flancs des montagnes le long des routes. Vraiment, c’est très impressionnant. Certaines maisons ou maisonnettes sont seulement soutenues sur des pilotis. Autrement dit, la structure est à l’horizontale soutenue par plusieurs poutres de longueur différente plantées dans le sol. Ainsi, les habitants n’ont pas de terrain derrière leurs maisons, mais le précipice. D'ailleurs, certaines de leurs constructions semblent être très fragiles surtout en temps de pluie abondante. Dans certaines montagnes, nous avons aperçu des maisons effondrées dans les ravins. J’ai voyagé beaucoup dans le monde, mais c’est la première fois que j’étais témoin de telles constructions. Pour une raison que j’ignore, même les maisons étant en zone planche sont également sur des pilotis.

    L’arrivée au site

    Vraiment, le site pour débuter l’excursion du Gros Piton est très isolé dans la nature. Il faut parcourir une route aussi sinueuse soit-elle pendant quelques kilomètres avant d’arriver à un petit village au pied du volcan. La route n’est pas très sécure puisqu’elle est large d’environ une auto et demie. Même les passagers ayant fait la route en mode sommeil ont gardé les yeux bien éveillés à ce moment.

      

    Une fois arrivée, on vous montre les toilettes et on vous suggère fortement de les utiliser avant le départ. Deux guides vous sont par la suite attribués. Notre groupe était soutenu par deux jeunes filles.

    Une était en tête de notre groupe de douze personnes et l’autre en queue. On nous explique aussi que la montée et la descente durera environ 4 heures et que chaque personne doit obligatoirement avoir de l’eau sans quoi, la montée demeure périlleuse. Il est mentionné aussi que ce circuit est réservé pour les personnes les plus expérimentées. Des racines et des roches sont présentes partout sur le sentier. Bien sûr, vous devez signer une décharge avant de partir comme dans toutes bonnes activités risquées J En terminant, les guides nous mentionnent d’être très prudent en utilisant le sentier et que quatre arrêts (checkpoint) seront effectués au cours de la montée.

    La montée

    Étant habitué au Québec à des sentiers très difficiles, je dois vous dire que j’ai été vraiment surpris par la difficulté de celui-ci. Je qualifierais personnellement ce sentier d’extrêmement difficile. Le sentier est composé de roches, souches, racines, escaliers, boue et j’en passe à environ 99%. Seulement 1% du sentier est plat et est en terre battue. Il est fort probable que vous ayez mal au cou une fois monté et redescendu, car votre regard sera constamment projeté vers le sol.

       

    Premier point d’arrêt

    Dès le départ, vous montez une coulée de grosses roches avant d’entreprendre le sentier. Au début, le rythme du groupe est très bon, mais cela se corse rapidement lorsqu’une abrupte montée à 45 degrés sur plusieurs mètres se dresse devant nous. Et puis, une autre et une autre jusqu’à l’arrivée du premier point d’arrêt. À ce moment, déjà trois personnes de notre groupe après l’arrêt ont décidé de retourner au pied du volcan. Pourtant, ces personnes semblaient être en très bonne forme. À ce moment, j’étais déjà en tout en eau. J’ai dû changer de gilet et porter ma plus belle camisole qui m’a valu une comparaison au célèbre chanteur Dan Bigras. Et puis, après quelques clichés, l’objectif suivant était le second point.

      

    Second point d’arrêt

    Pour arriver au second point de vue, les efforts requis ne sont pas passés à l’oubli. Les palpitations cardiaques dans le tapis, le chaud soleil ainsi que l’humidité de l’air n’aidaient en rien à l’atteinte de cet objectif. Après plusieurs montées, nous sommes finalement arrivés à cet endroit. Quand je dis plusieurs montées, c’est vraiment plusieurs, croyez-moi. Ces gouttes de sueur pour arriver au second point valaient le coup puisque le panoramique était tout simplement écoeurant. Une vue sur le petit piton l’adjoint de l’autre. La guide nous indique que l’ascension du petit piton est beaucoup plus difficile que celle de son grand frère. Nous étions tous étonnés par cette affirmation. Sachez que parfois, un guide peu faire deux fois par jour la montée du volcan en période achalandée. Les mollets de nos deux acolytes en disaient long sur leur état physique.

      

    En vidéo :

    Troisième point d’arrêt

    La partie entre le deuxième point d’arrêt et le fameux troisième point où un manguier a fait sa niche est la plus difficile de toute la montée. L’angle de montée est certainement à 60 degrés. C’est très glissant puisque c’est beaucoup plus humide en hauteur. Chaque pas nécessite une analyse. La vitesse n’est pas de mise dans cet endroit du sentier. Le chemin n’est pas très large à cet endroit qui n’aide en rien à éviter les gens qui descendent le volcan. C’est certainement l’endroit le plus achalandé de la montagne puisque plusieurs personnes commencent à manquer de souffle rendu là et prennent un moment de repos le long du de celui-ci.

    C’est d’ailleurs au pied du manguier que ma copine a lâché prise. Pourtant, celle-ci étant habituée de parcourir des montagnes similaires au Québec avait de la difficulté à reprendre son souffle. Sous les encouragements des autres membres de notre groupe, elle reprit le sentier après la pause, mais après quelques minutes elle abandonna de nouveau pour nous laisser le vent libre pour poursuivre notre route au sommet du Gros Piton. Ce fût la sixième personne à lâcher à se séparer de notre groupe au cours de la journée. Trois ayant abandonnées et deux autres étant avec le dernier guide.

    Quatrième point d’arrêt (le sommet)

    Sans aucun doute le bout le plus facile de la montée. Probablement inspirés par l’arrivée prochaine au sommet, la confiance et l’enthousiasme se sont emparés de l’ensemble des membres du groupe facilitant la dernière étape menant au sommet du volcan. M’attendant à une super plaine au sommet, le paysage en était tout autre. Que des roches entassées les unes sur les autres et un tas de randonneurs assis sur l’ensemble d’entre elles. Néanmoins, le champ de vision offert à l’horizon était spectaculaire. Sainte-Lucie n’étant pas une grosse île, nous étions en mesure de voir l’ensemble de celle-ci jusqu’à son extrémité. Au bout des roches, un ravin de plusieurs nous attendait. Bien sûr, j’ai pris quelque temps pour prendre des photos comme l’ensemble des personnes ayant réalisé l’exploit.

    Des Québécois au sommet? Par hasard, j’entendis parler français à ma droite. J’ai aussitôt saisi l’occasion pour demander de la nourriture à compatriote. Mes nouveaux pots avaient une barre tendre en trop dont j’ai pris bien soin de séparer en deux pour en conserver une partie pour ma copine. Après quelques instants, qui vois-je arriver au sommet? Ma chère Catherine qui avait finalement grimpé les mètres la distançant du manguier jusqu’au sommet avec un groupe ayant une cadence beaucoup plus lente.

    C’est avec un grand sourire et avec les bras pointant vers le ciel qu’elle prit bien soin de prendre une photo afin de prouver son exploit. Bref, on se sent bien petit lorsque l’on est à 2619 pieds d’altitude. Croyez-moi!

    Après 15 à 20 minutes de repos, photos, repas et discussions, nous avons repris le chemin de la descente qui s’annonçait tout sauf facile surtout avec seulement une demi-barre tendre dans l’estomac.

           

    En vidéo :

    Le retour

    Comme dans toute randonnée de montagne, normalement la descente exige beaucoup moins d’efforts que la montée. Toutefois, les stabilisateurs de vos jambes sont souvent victimes d’une surutilisation. À force de marcher sur des roches et des surfaces non plane, vos jambes deviennent rapidement molles et beaucoup d’énergie est consommée. Malgré tout, la descente s’est bien effectuée malgré la chaussée humide et les nombreux obstacles. Étant en manque d’énergie, j’ai trébuché à quelques reprises, mais sans plus jusqu’à l’atteinte du village. La preuve que la descente a bien été, nous avons seulement arrêté à deux reprises.

    La chose plus ordinaire est qu’une fois que la randonnée fût complétée, il a fallu attendre 45 minutes après un couple faisant partie de notre expédition. Le couple âgé dans la cinquantaine avait pris du retard. Nous avons dû prendre notre mal en patience jusqu’à leur arrivée.

    Richard notre guide, nous a fait goûter à du cacao et d’autres fruits directement cueillis sur place. J’en ai également profité pour prendre quelque photo de grains de cacao ainsi que de prendre une petite marche à travers la dense végétation de l’endroit.

    Une fois les retardataires arrivés, nous avons repris notre chemin vers la ville de Soufrière afin de prendre le repas. Dieu qu’il était mérité celui-là! Plage, bière et beau paysage menant tout droit sur le petit Piton, nous étions très heureux de notre aventure.

      

    Conclusion

    Pour terminer, pour 140$ US, l’excursion du Gros Piton demeure un incontournable pour les désireux d’aventure et les aimants de la nature. Reste que cette excursion ne s’adresse pas à tout le monde. Personne en forme plus basse que la moyenne, s’abstenir. Sinon, vous pouvez toujours tenter le coup, mais le risque de ne pas terminer ne relève pas de la fiction. Pour ma part, j’ai vraiment adoré cette montée qui représente un défi en soi. L’avoir fait, pouvoir le dire, c’est vraiment valorisant J Si vous êtes de passage à Sainte-Lucie, pourquoi ne pas relever ce défi? J

     

     

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